Production et consommation de bioéthanol en Suisse

 

Alcosuisse et le projet etha+

En Suisse, la Régie fédérale des alcools écoule chaque année, par l'intermédiaire de son centre de profits (Alcosuisse), environ 40 Ml d'éthanol, dont plus des trois quarts sont utilisés à des fins chimiques et techniques. L'alcool de bouche et l'eau de vie de fruits à pépins ne représentent guère plus de 10% des ventes. La production suisse couvre le tiers des besoins d'éthanol d'Alcosuisse, le reste provenant de divers pays producteurs, en particulier le Brésil, l'Afrique du Sud et les USA. Les pays de l'Est et certains pays de l'UE jouent également un rôle dans l'approvisionnement du marché suisse.


   

Depuis 2000, Alcosuisse s'intéresse également au marché du bioéthanol-carburant. En vue de développer la production et l'utilisation du bioéthanol en Suisse, Alcosuisse a ainsi initié le projet etha+, destiné à incorporer du bioéthanol dans les carburants destinés aux véhicules équipés de moteurs essence.


Le projet d'usine multi- matières premières
Le projet de déshydratation

Le projet Betalcool

Parmi les projets de production d'éthanol-carburant, il convient enfin de mentionner le projet Betalcool de l'ADER (Association pour le développement des énergies renouvelables). Ce projet vise la production de bioéthanol essentiellement à partir de betteraves issues de l'agriculture suisse. Le procédé envisage la fermentation de betteraves broyées, sans étape de lavage (permettant ainsi d'éviter le traitement de larges volumes d'effluents liquides dans une station d'épuration) et sans passer par la filière sucre classique très énergivore. Ce procédé innovant consiste à élaborer un biocarburant avec le minimum d'énergie grise lors de sa fabrication. Ce projet, développé déjà depuis de plusieurs années, n'a toutefois pas encore atteint le stade d'une réalisation concrète de façon réaliste.


L'approvisionnement de la Suisse en bioéthanol-carburant

Jusqu'en 2008, Borregaard Schweiz (ex- Cellulose Atisholz) état le seul producteur et fournisseur de bioéthanol-carburant en Suisse. En novembre 2008, cependant, l'usine de Booregaard à Riedholz (SO) a fermé ses portes [2]. L'éthanol de Borregaard (soit environ 12 Ml/an, tous usages confondus) était issu de la production de pâte à papier à partir de cellulose de bois [3]. Si le bioéthanol de Borregaard était en effet issu d'une matière première cellulosique, ce procédé ne s'apparentait cependant pas aux filières dites de seconde génération, reposant sur une hydrolyse enzymatique de la matière première. Tandis que Borregaard produisait chaque année près de 12 Ml d'éthanol, la capacité de production d'éthanol-carburant était néanmoins limitée par la capacité des installations de déshydratation (étape ultime et indispensable afin d'atteindre les spécifications requises pour la qualité carburant). Borregaard pouvait donc fournir au maximum 3 Ml/an d'éthanol-carburant à Alcosuisse.

La fermeture de l'usine de Borregaard a obligé Alcosuisse à trouver de nouveaux fournisseurs, dans un contexte désormais soumis aux exigences de la nouvelle Ordonnance sur l'imposition des huiles minérales (Oimpmin). Dans un communiqué de presse daté du 2 mars 2009 [4], Alcosuisse annonçait avoir trouvé un premier fournisseur en Suède pour garantir les livraisons de bioéthanol. Le centre de profit a dans un premier temps pu conclure avec la société SEKAB un contrat de livraison portant sur 500'000 litres de bioéthanol suédois produit à partir de déchets de bois. La première importation a été effectuée début mars 2009. Ce bioéthanol suédois est produit selon un processus quasiment identique à celui auquel Borregaard Schweiz recourait, et remplit les exigences écologiques et sociales minimales selon l'Oimpmin. Les autorités fédérales compétentes (OFEV, Douanes) ont confirmé cela en garantissant à Alcosuisse, en qualité d'importateur, une exonération de l'impôt sur les huiles minérales jusqu'en 2013 pour l'éthanol livré par SEKAB.

Grâce aux livraisons de bioéthanol à partir de la Suède, les quelques 180 stations-service suisses qui proposent actuellement des mélanges d'essence et de bioéthanol pourront continuer d'être approvisionnées en bioéthanol-carburant de qualité. Les livraisons sont ainsi assurées jusqu'à fin 2009. Selon Alcosuisse, la question de savoir si ce contrat marque le début d'une longue collaboration avec SEKAB reste ouverte.


Synthèse de la consommation de bioéthanol-carburant en Suisse

En 2008, Alcosuisse a destiné environ 25% de la production de Borregaard Schweiz (soit près de 3,3 Ml) au marché des carburants. La fermeture de l'usine de Borregaard à Riedholz (SO) en novembre 2008 a cependant contraint Alcosuisse à trouver de nouveaux fournisseurs de bioéthanol-carburant, dans un contexte désormais soumis aux exigences de la nouvelle Oimpmin. C'est un bioéthanol produit à partir de déchets de bois (selon un procédé très semblable à celui de Borregaard Shweiz) par les sociétés SEKAB en Suède et Borregaard en Norvège qui assure aujourd'hui l'approvisionnement de la Suisse en bioéthanol. Respectant les exigences écologiques et sociales minimales selon l'Oimpmin, il bénéficie depuis mars 2009 d'une exonération de l'impôt sur les huiles minérales, et ce jusqu'en 2013.

Le diagramme ci-dessous précise la consommation de bioéthanol-carburant en Suisse entre 1999 et 2009. Les chiffres sont issus des statistiques de l'Administration fédérale des douanes [5], qui recense chaque année les quantités imposées de carburants issus de matières premières renouvelables dans le cadre de la Limpmin.


Tableau : Evolution de la consommation de bioéthanol-carburant en Suisse (en kl/an)

  Année   Production Importation Total
1999 - - -
2000 - - -
2001 - - -
2002 - - -
2003 - - -
2004 - - -
2005 901 - 901
2006 1'060 - 1'060
2007 3'188 - 3'188
2008 3'284 - 3'284
2009 - 1'483 1'483


[1] La pervaporation repose sur l'affinité préférentielle de l'eau (en comparaison de l'alcool) à diffuser à travers une membrane. La technologie de pervaporation appliquée à la déshydratation d'éthanol est une technique éprouvée à l'échelle industrielle depuis plusieurs années dans des unités de grande capacité. La déshydratation par pervaporation est ici préférée au tamis moléculaire en raison notamment de ses meilleures performances à la fois énergétiques et économiques.
[3] L'usine de Borregaard Schweiz à Riedholz (SO) fabriquait et commercialisait de la pulpe de papier ainsi que des papiers hygiéniques. La fabrication de pulpe engendre, outre la pulpe elle-même, des produits dérivés tels que l'éthanol ou encore les lignosulphates. L'éthanol était ainsi extrait par hydrolyse acide des déchets de production de la pâte à papier.


La situation des biocarburants en Suisse

But et enjeux
La Loi sur l'énergie
La Loi sur le CO2
L'Ordonnance sur la protection de l'air
La Loi sur l'imposition des huiles minérales
L'Ordonnance sur l'écobilan des carburants
Production et consommation de biodiesel
Production et consommation de bioéthanol
Disponibilité des biocarburants
Les principaux acteurs des filières biodiesel et bioéthanol
L'utilisation des biocarburants
Conclusions
 
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Date : jeudi 9 septembre (semaine 36)
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